Fibrômes…

J’aimerais vous partager mon histoire avec les fibromes. Une saga qui a duré 10 ans. C’est long 10 ans, mais comme j’ai longtemps résisté à me faire opérer et bien le temps, lui, ne s’est pas arrêté… Par ce partage j’aimerais sous soutenir, chères femmes, dans votre cheminement si vous êtes aux prises vous aussi avec des fibromes. Bien sûr que les plantes médicinales peuvent vous aider, mais si vous envisagez la chirurgie, sachez que les plantes peuvent aussi être d’une aide très précieuse. En fait, tout au long du processus – que ce soit avant, pendant, ou même après – elles m’ont beaucoup aidé.

Voici donc mon histoire étalée sur plusieurs années…Le matin du 20 juin 2017, je rentrais à l’hôpital pour me faire opérer. Mes prières des dernières semaines demandaient que l’hystérectomie que j’allais subir soit partielle c.-à-d. sans ablation des ovaires et des trompes et que la chirurgie soit faite par laparoscopie, car la technique qui serait choisie par le chirurgien ce matin-là était loin d’être évidente. Les fibromes que je portais étaient devenus tellement gros que mon gynéco-obstétricien ne pouvait me confirmer quoi que ce soit avant l’opération. Avant de rentrer au bloc opératoire, je lui ai dit pour une énième fois que j’espérais grandement qu’il intervienne par laparoscopie. Il m’a répondu : je vais faire mon possible, mais je ne prendrai aucun risque. Je dois avouer que j’ai aimé sa réponse. Je me suis dit : c’est bien, l’orgueil n’est pas au rendez-vous.

Le tout a commencé alors que j’étais dans la jeune trentaine. Lors d’un examen de routine annuelle, ma gynéco m’a dit que j’avais des fibromes et décide de m’envoyer passer une échographie. Les résultats d’alors montrent clairement 2 petits fibromes; rien d’inquiétant selon elle. Moins de 1 cm chacun. Je laisse donc aller les choses. Cela n’a aucun impact sur ma vie de femme, ma sexualité, ma fertilité ou même ma féminité. Quelques années plus tard, vers la quarantaine, je sens un petit renflement en tâtant mon ventre, mais rien n’y parait vraiment à part lorsque je suis couchée sur le dos et encore. Je laisse donc aller une fois de plus. Quelques mois plus tard, alors que j’étais en relation je me sépare de mon conjoint d’alors. Une relation amoureuse tordue, teintée de trahison. Quelques semaines seulement après cette séparation, je sentais que les fibromes que je portais avaient incroyablement grossi. Après un rendez-vous avec ma gynéco et une nouvelle échographie, on me confirme que les fibromes avaient bel et bien grossi. Mais encore là, rien d’alarmant quoique j’en avais maintenant 3. Un premier de 1 cm, un deuxième de 3 cm et un dernier un peu plus gros que ce dernier, près de 4 cm. À ce moment-là, on commençait à voir mon ventre un peu plus. Surtout lorsque j’étais couchée sur le dos. Toutefois, mise à part quelque douleur au bas du dos, je n’avais aucun symptôme. Mes règles étaient régulières, non douloureuses avec un flot de sang normal sur une période de 4 jours. Mais un ventre qui paraissait beaucoup trop à mon goût. Avec mes doigts, en tâtant mon ventre, je pouvais bouger un des fibromes, le plus gros, je pense. S’il était trop à droite, je pouvais le pousser vers la gauche ou vice versa… La gynéco m’a dit qu’ils étaient pédiculés sousséreux et que c’était ce pour quoi je pouvais le bouger… Je laisse encore passer le temps. Cependant, je faisais dorénavant beaucoup plus attention à mon alimentation et je prenais beaucoup plus des plantes médicinales adaptées à mes besoins (il existe plusieurs types de traitement adaptés aux besoins) pour m’aider, mais rien qui permettait de réduire leur grosseur ne semblait toutefois fonctionner. Je trouvais cela un peu frustrant pour tout dire. À ce moment-là, je ne voulais pas du tout me faire opérer. J’ai donc consulté en relation d’aide, j’ai vu un acupuncteur, un ostéopathe, j’ai fait un travail énergétique, rien n’y faisait, ils étaient toujours là et, tranquillement, mais surement, ils grossissaient… La grosseur commençait même à être gênante pour moi physiquement. Un autre rendez-vous chez ma gynéco ainsi qu’une autre échographie l’année d’après confirme que le plus gros fibrome était maintenant rendu à plus de 6 cm… Je me souviens que la gynéco m’a alors dit que la grosseur du fibrome que je portais me faisait paraître comme une femme enceinte de 6 mois. Je lui ai répondu que mon ventre se voyait, mais que de toute évidence, je n’accoucherais pas…  De là, elle m’a recommandé à une gynéco-obstétricienne pour un examen plus approfondi. Une fois à ce rendez-vous et bien allongée sur la table, une chose bien spéciale m’est arrivée. En effet, la fameuse salle où on m’ausculte manque soudainement d’électricité, ce qui a eu pour effet de nous plonger, mon obstétricienne et moi, dans l’obscurité totale. La gynéco a tout de même choisi de poursuivre son examen, mais avec en main, une lampe de poche!!! Inutile de vous dire que je suis sortie de la salle en me disant que cette histoire d’électricité ne faisait absolument aucun sens, et qu’il y avait là quelque chose que je devais absolument comprendre !? Et comme si cela n’était pas assez, la gynéco-obstétricienne m’a également dit qu’elle prévoyait me couper du nombril au pubis lors de l’intervention, car les fibromes étaient devenus beaucoup trop gros. Ouf… alors là, pas question me dis-je. Je ne veux pas de cicatrice. La cicatrice que je subissais de l’intérieur dû à la trahison lors de ma séparation était bien présente alors il n’était surtout pas question d’avoir une cicatrice à l’extérieur pour me rappeler cette blessure. Je laissais donc encore une fois le temps passer. Je continue à prendre sous différentes formes des plantes médicinales et bien d’autres choses, mais rien n’y faisait; les fibromes continuaient de grossir et manifestaient leur présence. Ils prenaient de plus en plus d’espace autant physiquement, mentalement, qu’émotionnellement. J’en avais de plus en plus marre de vivre avec eux, mais je ne pouvais rien y faire. Je vivais de l’impuissance… Je ne voulais tout simplement pas me faire opérer! Me faire opérer signifiait pour moi une défaite envers moi-même. Moi, l’herboriste thérapeute, comment se faisait-il que je ne pouvais en venir à bout avec toutes mes connaissances? Mon égo en prenait un coup. Malgré tout, je décidais de laisser passer encore le temps espérant un miracle…

Quelques années plus tard, de retour chez ma gynéco, celle-ci touche une fois de plus mon ventre et commence à vraiment s’inquiéter… J’ai même dû lui dire de se calmer, que cela n’était pas si pire. Sauf qu’à ce moment, elle me répond que ce n’était pas les fibromes qui l’inquiétaient, mais bien mes reins… que les fibromes étaient désormais rendus tellement gros, qu’elle avait peur que l’un d’eux fasse une pression sur le canal du rein. Elle me dit: tu ne sentiras rien, tout arrivera très vite, et tu pourrais perdre un rein… Je suis sortie de mon rendez-vous et me sentais comme un zombi. J’ai fait une recherche pour mieux comprendre ce qui se passait et, une fois de plus, j’ai décidé de mettre cela de côté. J’étais dans le déni le plus total. L’hiver suivant, j’ai pris du temps pour moi au Mexique dans un village éloigné de tous services. Au bord de la mer, à contempler le paysage, je me suis dit : mais qu’est-ce que je ferais si quelque chose m’arrivait ici, loin de tout… C’est à ce moment-là que j’ai pris ma décision et de me faire opérer. Moi qui aime voyager, surtout dans des régions souvent très éloignées des gros centres urbains, dans des pays souvent en voie de développement, je me suis dit que ma condition commençait à engendrer la peur en moi et que ça, il n’en était pas question.

Revenue à Montréal, j’ai commencé à faire des démarches beaucoup plus sérieuses pour me faire opérer. Une femme dans ma famille s’était fait opérer l’année précédente par un chirurgien de qui l’on disait le plus grand bien. Il excellait dans la laparoscopie et, à ce qu’il paraissait, il faisait même des miracles. J’ai donc pris un rendez-vous et obtenu une rencontre rapidement avec lui, car sur ma prescription c’était écrit ‘urgent’. Lors du rendez-vous, je regarde attentivement ses mains. Petites et agiles. Il avait un regard un peu trop coq à mon goût, mais je me dis que pour opérer, il valait mieux qu’il ait plus d’égo que pas assez… Je lui ai demandé ce que je pouvais faire pour aider le processus? Il m’a répondu qu’il était désormais trop tard, que j’aurais dû venir le voir il y avait de cela, 3 à 5 ans. Que, dans l’état où je me trouvais, je me devais de prendre un médicament pendant 3 mois et espérer que celui-ci réduirait la taille des fibromes. Je lui dis qu’il n’en était absolument pas question. Qu’aucune hormone synthétique ne rentrerait dans mon corps et que de toute façon, rendue ou j’en étais, cela ne ferait pas de différence. Il m’a répondu qu’au contraire, cela ferait une énorme différence. Que s’il gagnait aussi peu que 1 cm, que pour lui et moi, cela ferait toute la différence dans le type de chirurgie qu’il utiliserait. J’ai donc fait une recherche sur le fameux médicament en question pour comprendre que selon les études rien de significatif n’avait été rapporté négativement suite à la prise de ce médicament. Cependant, il était fortement recommandé de ne pas dépasser 3 mois de prise. Je retourne le voir avec mes nombreuses questions sur ma condition et lui dit qu’il nous fallait trouver une date pour opérer qui respectera les 3 mois de la prise du médicament. Mais ça, ce n’est pas évident avec le système de santé que l’on a au Québec, les urgences qui passent avant tout et la fameuse liste d’attente. Et comme je suis travailleur autonome, l’idéal pour moi était de me faire opérer en début d’été afin de profiter de mes vacances d’été pour être en convalescence. Et c’est là que j’ai insisté pour être opérée par la laparoscopie, car la convalescence était de 4 à 6 semaines au lieu de 8 semaines et plus pour une hystérectomie par césarienne. Il me répond de voir cela avec sa secrétaire et de faire mes propres recherches pour répondre à toutes mes questions, car il a d’autres patientes à voir…! Je ravale ma salive et je continue à faire confiance à mon intuition, car je pense vraiment qu’il est la bonne personne, mais que ce ne serait pas facile, surtout que j’étais limité dans le temps. La secrétaire a été super, on a regardé ensemble les dates possibles; surtout les dates des vacances du chirurgien et on convient que la fin printemps, début de l’été est le meilleur moment pour l’opération. Pour le reste, il ne me restait qu’à prier…

Je commence donc la prise du médicament. Au 2e mois, aucune menstruation. Au 3e mois, quelques bouffées de chaleur. Je comprends que ce médicament accélère la préménopause. Durant le 3e mois, je reçois un appel de l’hôpital qui confirme la date de l’opération qui est finalement prévue pour le 20 juin. Je termine d’enseigner ma session le 19 juin à 21h30… Parfait, merci mon dieu!

Le matin du 20 juin, je suis restée 2 heures et quelques minutes en anesthésie générale sur la table d’opération. Presque 3 lbs de masse ont été découpées en petit morceau pour être sorties par laparoscopie. Et mes ovaires avaient été épargnés! Pour vous donner une idée, un utérus pèse en moyenne 500 à 600 gr. Alors vous comprenez à quel point les fibromes étaient rendus gros… Aussitôt réveillée de l’anesthésie générale et capable de parler, ma première question a été : laparoscopie? Oui, m’a-t-on dit. J’étais tellement contente!  Ensuite, il me fallait faire face aux effets secondaires de la chirurgie. Être sur une table d’opération pendant plus de 2 heures n’est pas une petite affaire et laissez-moi vous dire que le corps s’en souvient longtemps. Je vous en reparlerai lors d’un prochain billet. Il y a la préparation avant, mais surtout, après la chirurgie à prendre en considération sans parler de tout le processus de la convalescence lui-même. Je suis tellement reconnaissante de connaître les plantes médicinales pour m’avoir soutenu dans ce processus de guérison et pour le support d’autrui que j’ai reçu après la chirurgie.